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Améliorer la sécurité alimentaire en milieu urbain au Bénin

L’insécurité alimentaire des populations pauvres des zones urbaines du Sud du Sahara constitue un défi de développement. Le nombre de personnes vivant dans les villes croit plus vite que l’offre en infrastructure et services de base au profit des populations. Ce qui résulte en des mégapoles surpeuplées qui ont des difficultés à assurer leurs besoins de base. Plus particulièrement la situation alimentaire des populations urbaines pauvres est inquiétante car elles sont sujettes à des pénuries alimentaires saisonnières et à la volatilité des prix. Aussi, les produits tels que les fruits, les légumes et les produits laitiers peuvent devenir des biens de luxe non abordables pour les populations urbaines pauvres.

La situation au Bénin est une illustration de ce problème d’insécurité alimentaire dans les milieux urbains. En effet, 45% de la population béninoise vit dans des villes à croissance rapide où les groupes les plus pauvres, particulièrement les femmes chefs de ménage, manquent d’accès aux aliments sains. Une étude sur la vulnérabilité et la sécurité alimentaire conduite par le Programme Alimentaire Mondiale, la FAO, L’UNICEF et l’INSAE en 2009 a montré que la prévalence de l’insécurité alimentaire au sein des ménages urbains est de 15% alors que seulement 6% de ces ménages consomment des fruits, situation qui accroit le risque de déficience en micronutriment et vitamines. En plus de la carence alimentaire, le surpoids chez les adultes est également un problème avec un taux de 32% en 2008. Quant à la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans, elle a atteint un pic de 45% en 2006 et demeure toujours une préoccupation majeure. Ces estimations montrent que la sécurité alimentaire chez les enfants est particulièrement inquiétante et bien que la disponibilité en termes de calorie chez l’adulte soit presque adéquate, la qualité de l’alimentation et les choix de régime alimentaire demeurent des sujets de préoccupation pour une partie croissante de la population.

Dans le but de traiter ces questions, le Centre d’Actions pour l’Environnement et le Développement Durable (ACED) en partenariat avec le Centre for World Studies de l’Université d’Amsterdam (SOW-VU) et la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi (FSA/UAC) met en œuvre sur la période 2016-2019 le projet d’amélioration de la sécurité alimentaire en milieu urbain grâce au développement de jardins communautaires. Ce projet ambitionne créer un cadre intégré pour le développement de jardins communautaires qui fourniraient aux populations pauvres des zones urbaines un accès à des aliments frais avec un environnement idéal pour l’amélioration des revenus des femmes.

Le projet est financé par le Food & Business Global Challenges Programme de l'Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique (NWO)